Sleeping Beauty

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Sleeping Beauty

A French story retold by KidsOut and CBeebies


La Belle au bois dormant

Il y a bien longtemps dans un lointain royaume vivaient un bon roi et sa reine bien-aimée. Leurs sujets les aimaient et ils auraient pu vivre très heureux si seulement ils avaient un enfant.

Les années passèrent, puis, au printemps, alors qu’ils pensaient tout espoir perdu, la reine donna naissance à une petite fille. Tout le royaume se réjouit tant elle était belle.

Un mois plus tard, son baptême fut organisé avec excitation au palais. Toutes les personnes les plus importantes du royaume y furent conviées, y compris toutes les bonnes fées, et tout le monde allait être de congé et participer à ce festin de gâteaux et gelées.

Mais, malheureusement, ils avaient oublié d’inviter une fée importante.
Grizzelstinki vivait dans les montagnes et les gens racontaient des histoires effrayantes à son sujet, et menaçaient même leurs enfants d’aller la chercher s’ils étaient méchants.

Au palais, la fête fut magnifique et tout le monde donna des cadeaux au bébé. Les cadeaux les plus magiques de tous furent ceux des bonnes fées : la première lui offrit la beauté, la deuxième une nature douce et les autres une jolie voix, du charme, de la gentillesse et un sens de l’humour.

« Nous avons de la chance d’avoir une fille aussi bénie », déclara le roi en se tournant vers sa reine.

« N’en soyez pas si sûr », dit une voix effrayante qui semblait venir de nulle part. Un vent froid souffla soudain dans la salle, la porte s’ouvrit, et Grizzelstinki fit irruption, sombre comme la nuit et deux fois plus sale.

Elle s’approcha du berceau et tout le monde se boucha le nez sur son passage tant l’odeur qu’elle dégageait était nauséabonde.

« Je ne lui ai pas donné mon cadeau », grogna-t-elle.

« Oh, ce n’est pas nécessaire », dit la reine, s’emparant de son bébé pour le protéger.

« Mais j’insiste », dit Grizzelstinki. « Lorsqu’elle aura dix-huit ans, la princesse se piquera le doigt et tombera raide MORTE  » déclara-t-elle en riant d’un rire terrible, puis elle disparut dans un nuage de fumée.

Il y eut un moment de silence dans la salle, puis l’une des bonnes fées posa sa main sur la tête du bébé et dit : « quand la princesse se piquera, ce n’est pas dans la mort qu’elle sombrera, mais dans un profond sommeil qui durera cent ans ».

Le roi et la reine encore profondément affligés décidèrent d’interdire toutes les aiguilles, toutes les épingles, tous les fuseaux et tous les autres objets pointus de sorte que la princesse Aurora ne puisse se piquer le doigt.

Les années passèrent et les gens oublièrent presque la malédiction qui pesait sur elle.

Un jour, alors qu’Aurora était seule et s’ennuyait, elle décida d’explorer les chambres en haut du palais. Elle grimpa l’escalier en pierre et parvint à une petite chambre sombre au sommet d’une tour et, à sa grande surprise, quand elle poussa la porte, la pièce n’était pas vide. Une vieille femme était assise là, occupée à filer de la laine sur un fuseau.

« Bonjour, chère princesse », dit la vieille, « je suis honorée de vous voir ici ». Puis elle se leva et essaya de faire la révérence.

« Non, non, s’il vous plaît asseyez-vous », déclara Aurora, l’invitant à le faire.« Pouvez-vous me dire ce que vous faites là ? »

« Je file de la soie ma belle enfant pour vous confectionner une belle robe. »

« Puis-je essayer ? »

« Bien sûr, mon enfant » répondit Grizzelstinki en gloussant doucement, car la vieille dame c’était elle. « Laisse-moi te montrer comment faire ».

Aurora s’assit, le fuseau en main. Soudain, elle se piqua le doigt et ressentit une vive douleur traverser son bras. La malédiction s’abattit sur elle !

Comme cela avait été prédit, elle tomba dans un profond sommeil. Ailleurs dans le palais, la cuisinière se sentit soudain somnolente et tomba tête la première dans une bassine, les gardes à la porte du palais tombèrent à plat sur leur nez et se mirent à ronfler, les servantes se pelotonnèrent plumeaux en main, et le Lord Chancellor s’endormit exactement là où il était dans la plus petite pièce du palais. Le chat du palais continua tout simplement à dormir étant donné que c’était sa spécialité.

Au fil des ans, les mauvaises herbes, les ronces et les lianes se mirent à pousser et cacher le palais. Bientôt un bois sombre et profond l’encercla et les gens oublièrent qu’il n’avait jamais existé.

Un jour de printemps, un jeune et beau prince vint chasser dans la forêt. Il avait entendu parler d’une belle princesse victime d’une terrible malédiction. Au fur et à mesure qu’il avança, les arbres se rapprochèrent et la forêt s’assombrit de plus en plus jusqu’à ce que son cheval ne puisse même plus trouver son chemin. Éventuellement, il dut descendre de cheval et continuer à pied. Bientôt, il fut obligé de s’arrêter tant la forêt était dense.

Mais, à l’aide de son épée, il se fraya un chemin. Il n’eut de cesse de continuer jusqu’à ce qu’apparaisse un mur épais semblable à celui d’un palais. Cette légende serait-elle donc vraie ? Il mourrait d’envie de le découvrir. Il escalada le mur, et n’en crut pas ses yeux lorsqu’il atteignit son sommet. Là, devant lui se trouvait un palais endormi, les gardes encore en train de ronfler, les servantes dormant paisiblement, la tête de la cuisinière encore dans la bassine, le Lord Chancellor encore dans sa petite pièce et le chat encore en boule.

Son cœur se mit à battre plus vite et il commença à explorer les lieux. Dans chaque pièce, les gens dormaient. Il monta à tous les étages et ouvrit toutes les portes jusqu’à ce qu’il arrive à une petite pièce en haut d’une tour. Il poussa la porte et, à sa grande joie, il aperçut la belle Aurora. Il la réveilla avec un baiser et tout le palais reprit vie. Tout le monde bâillait et s’étirait en se demandant depuis combien de temps ils dormaient.

« Veux-tu m’épouser ? » demanda-t-il tendrement.
« Oh, oui » répondit-elle.

Le roi et la reine furent enchantés et leur donnèrent leur bénédiction. Les cloches sonnèrent à travers tout le royaume et la princesse Aurora et son prince vécurent heureux jusqu’à leur mort.