KidsOut World Stories

Une Histoire de Courage Jaz Parmer    
Previous page
Next page

Une Histoire de Courage

A free resource from

Begin reading

This story is available in:

 

 

 

 

Une Histoire de Courage

 

 

 

 

 

 

 


Harjit Singh s’est assis sur le bord du tapis roulant à l’aéroport en attendant que sa valise arrive. Il était fatigué il avait froid et n’était pas habitué à ce temps. A Amritsar, en Inde d’où il vient, il faisait trente-sept degrés ! A Paris, il ne faisait que quatorze degrés.

Son père lui cria, « Dépêche-toi Harjit, le chauffeur ne peut pas attendre plus longtemps, juste pour toi ! »

Harjit était un peu mécontent. Il ne voulait pas venir à Paris. Il voulait rester en Inde avec ses amis, mais comme son père avait reçu une offre d’emploi en France, ils ont dû quitter l’Inde et commencer une nouvelle vie.

Tout en attendant sa valise près du tapis roulant, Harjit eut soudain la sensation d’être observé. Il regarda autour de lui et vit un garçon qui devait avoir dix ans- comme lui. Le garçon fixait son turban ce qui l’a dérangé et s’est sentit complexé. En colère, Harjit est monté sur le tapis et a vu une valise qui ressemblait à la sienne. Il s’est emparé de la valise bien qu’il n’était pas tout à fait sûr qu’elle soit à lui. Tout ce qu’il savait c’est qu’il voulait sortir de l’aéroport et être loin de ces yeux inquisitifs.

Pendant le trajet vers l’appartement, Harjit regardait par la fenêtre de la voiture et remarquait comme tout était diffèrent de chez lui. Tout était plus propre. Il y avait beaucoup de beaux grands bâtiments dorés et des statues au-dessus. Le ciel était très gris et le sol mouillé par la pluie. Il a vu des gens assis devant les magasins en train de boire un café et discuter. Quand la voiture s’est arrêtée à un feu de signalisation, Harjit a baissé la fenêtre pour pouvoir écouter. « Ils parlent étrangement, » se dit-il, mais il savait que tout cela faisait partie de l’expérience. « Tu profiteras de cette expérience, » lui avait dit son père à leur départ de l’Inde. « Beaucoup de tes amis feraient tout pour avoir la chance de voyager en Europe. Tu ne devrais pas avoir peur. C’est une aventure ! »

Au départ de la voiture, Harjit a remarqué qu’il y avait un étrange silence sur les routes. « Les voitures ne klaxonnent pas entre elles à Paris, » pensa-t-il. « Il y a beaucoup de voitures mais elles roulent toutes en lignes droites, toutes sur des bandes séparées. Il n’y a pas d’encombrements. Elles continuent de rouler. Ce n’est pas du tout comme ça en Inde. »

Ils ont continué de rouler à travers la ville puis sont passés devant un étrange bâtiment en métal où beaucoup de gens prenaient des photos. « Je me demande ce que c’est. »

Harjit n’a posé la question à personne en particulier. « Peut-être que c’est quelque chose comme le Temple d’or ou le Taj Mahal où les gens du monde entier viennent prendre des photos. »

Tout d’un coup la voiture s’est arrêtée au moment où un homme sur sa bicyclette a traversé la route devant eux. L’homme a salué pour remercier et le jeune garçon a ri en lui-même. « C’est vraiment un pays étrange, » pensa-t-il, « ou les voitures s’arrêtent pour que les gens traversent la route ! »

La famille arriva bientôt à l’appartement et le père d’Harjit lui dit qu’il devait vite se coucher parce qu’il était déjà tard et qu’il devait s’inscrire à l’école le lendemain.

Harjit est allé dans sa chambre en boudant et a fermé la porte derrière lui. Mais dès qu’il fut à l’intérieur, le jeune garçon s’émerveilla à nouveau de son nouvel environnement. La chambre était immense avec de grandes fenêtres le long du mur. Le plafond était tellement haut que même Harjit et ses amis empilés les uns sur les autres ne l’aurait pas atteint et touché !


Cette pensée a attristé le jeune garçon à qui les grands-parents et amis le manquaient. Ne sachant pas quoi faire d’autre, il s’est jeté sur le lit, a plongé sa tête dans l’oreiller et s’est endormi en pleurant.

Le lendemain matin, juste avant l’aube, Harjit s’est réveillé et a réalisé que ce n’était pas un mauvais rêve du tout. Il était vraiment à Paris. Il a rampé hors du lit et a regardé par la fenêtre les quelques personnes en bas. C’était tellement diffèrent de Amritsar. Les bruits constants du Temple D’or lui manquaient: les gens, les voitures, et les pousse-pousse. Il y avait quelque chose de réconfortant dans ces bruits, il y était habitué et ça lui manquait déjà.

Il a décidé de regarder des photos de sa famille et de ses amis qu’il avait prises avec lui. Il s’est assis par terre a croisé ses jambes et a tiré son sac vers lui. Mais juste au moment d’ouvrir la tirette du sac, il a remarqué qu’un porte-clefs en forme de grand bâtiment comme celui qu’il avait vu la veille sur la route de l’aéroport, y était attaché. Et quand il a ouvert le sac il y a eu un éclat d’or, comme celui d’un coffre a pirate, et dedans il a vu quelque chose de familier brillant. Le sac contenait un icône du Temple D’or et du Taj Mahal ! Il y avait aussi d’autres objets d’Inde qui l’ont rendu encore plus nostalgique. Il a sorti les icones du sac et les a embrassés un par un avant de les remettre en sécurité à leur place. Il était ravi de voir des objets si familiers de son Inde chérie, mais il avait aussi peur. « Ceci n’est pas mon sac ! Comment vais-je dire à papa que j’ai le mauvais sac de l’aéroport ? »

Tout à coup une voix l’a appelé du couloir. C’était le papa de Harjit !

« Harjit, réveille-toi mon fils, il est temps de te préparer pour l’école. J’espère que tu es excité de te faire de nouveaux amis, d’apprendre une nouvelle langue et essayer des nouveaux plats. Tu as tellement de choses à essayer. » Le père de Harjit est apparu à la porte avec un grand sourire « Tu te rappelles comme on a parlé de
ça ? » il a demandé à son fils. « C’est une journée très excitante pour toi ! »

Harjit a regardé son père les yeux tristes. « Mais, papa, hier le garçon fixait mon turban. Et si je devais me couper les cheveux ! Les gens ici ne sourient pas beaucoup et tout le monde parle mais je ne comprends pas ce qu’ils disent. Ils ne parlent pas non plus beaucoup d’anglais ce que j’aurais pu comprendre puisque je l’ai appris à l’école. Je voudrais juste rentrer à la maison. Je n’ai même pas mes habits parce que j’ai pris la mauvaise valise de l’aéroport ! »

Sur cette dernière confession, Harjit couru vers son père et a commencé à pleurer dans ses bras.

« Ne t’en fait pas mon fils. Attends et tu verras ; tout ira bien aujourd’hui. Tu dois être brave et avoir confiance et croire en toi. Maintenant habille-toi et viens prendre le petit déjeuner avec ta mère et moi. Je téléphonerai à l’aéroport et on aura ton sac aussi, tu verras. »

A la fin du petit déjeuner, Harjit s’est sentit de meilleure humeur. Il a embrassé sa mère. Il s’est précipité vers la porte et dans la voiture pour que son père puisse le conduire à l’école.

Quand il est finalement arrivé, Harjit a remarqué beaucoup d’enfants debout devant les portes de l’école. Ils portaient tous de beaux uniformes, ils parlaient tous français, et personne ne portait de turban. Le jeune garçon s’est de nouveau senti très nerveux. Quand son père a remarqué ce changement d’humeur, il a pris la main de son seul fils et a dit :

« Allez, laisse-toi aller et regarde autour de toi. On n’a rien à perdre juste à regarder. » Il a souri en disant ça, comme si c’était une grande aventure. Ce qui a fait que le jeune Harjit s’est senti mieux.


Tout en marchant le long du couloir, Harjit a remarqué beaucoup d’images accrochées aux murs du grand monument en métal. Il s’est rappelé du porte-clefs attaché au sac et à tout ces gens qui prenaient des photos avec leur appareil photo la veille sur la route de l’aéroport. « Ce monument doit-être très important ici, » pensa Harjit.
« Je me demande comment ça s’appelle ? »

Pendant qu’ils étaient assis dans une grande salle de réception en attendant l’arrivée du directeur, Harjit remarqua un garçon qui pleurait tout seul dans le couloir. « C'est le même garçon que j’ai vu à l’aéroport hier ! » s’est dit Harjit, à peine capable de casher sa surprise. « C’est le garçon qui fixait mon turban du regard ! »

Harjit tira sur la manche de son père. « Papa, regarde, regarde. C’est le garçon, celui qui me regardait hier ! »

« Alors pourquoi ne vas-tu-pas lui dire bonjour, » a suggéré son père. « Certains sont simplement curieux. Ils ne sont pas méchants. »

Harjit décida d’être brave et s’avança vers le garçon en souriant. Le garçon eut l’air gêné d’avoir été surpris en train de pleurer. « Bonjour, je m’appelle Harjit. Je viens d’arriver d’Inde hier. Parles-tu anglais ? »

Le garçon a hésité un moment puis a dit : « Je parle un peu l’anglais. Je suis Pierre. »

« Pourquoi es-tu triste Pierre ? » a demandé Harjit.

C’est alors que Pierre s’est mis à expliquer qu’il venait aussi d’arriver d’Inde où il avait passé des vacances en famille : « Je suis supposé faire une présentation à ma classe demain en expliquant ce que j’ai vu et en montrant ce que j’ai collectionné durant mon voyage, mais j’ai perdu ma valise a l’aéroport et je ne sais pas quoi faire. »

« Je n’en reviens pas ! » s’écria Harjit. « Je pense que j’ai ta valise à la maison. Je l’ai prise du tapis roulant par erreur. »

« Tu es le garçon du tapis roulant ? »

« C’est moi » dit Harjit, en se désignant avec les deux pouces, en souriant.

En parlant le meilleur anglais qu’ils pouvaient, les deux garçons sont arrivés à avoir une conversation, et après un moment ils se sont sentis beaucoup mieux. Pierre était soulagé d’avoir retrouvé sa valise et Harjit couru vers son père pour tout lui raconter.

Ce jour-là, Pierre s’est assuré que Harjit saurait à quoi s’attendre de sa nouvelle école, et il l’a présenté a plein de nouveaux amis. Pendant la pause du déjeuner, Harjit a demandé ce qu’était le monument imposant en métal qu’il avait vu la veille et dont les photos étaient à l’école. « C’est la Tour Eiffel, » dit Pierre, avec une fierté dans sa voix à peine déguisée. « A l’origine elle a été créée pour une exposition mondiale pour célébrer la Révolution Française, mais de nos jours c’est une attraction touristique formidable, et ma maman dit que c’est un des endroits les plus romantique du monde. Les gens viennent de partout ! »

A la fin de la journée Harjit est arrivé à la maison pour décrire a ses parents ses expériences magnifiques et tout ce qu’il avait appris et partagé. « Papa, je n’ai pas pensé que quelqu’un se serait intéressé à ce que je dise, ou d’où je viens, mais j’avais tort et tu avais raison. C’est une aventure ! »

Cette nuit-là, en s’étirant dans son lit tout en écoutant le grondement des voitures, Harjit était trop excité pour dormir. Pierre lui avait demandé de se lever en classe le lendemain pour l’aider durant sa présentation sur l’Inde. Il avait rencontré plein de nouveaux amis et il attendait avec impatience de découvrir la vie en France et de parler une nouvelle langue. L’Inde lui manquait toujours, mais il commençait a comprendre comment un peu de courage, de compréhension et un esprit ouvert, pouvaient l’aider à grandir en tant que personne. Ceci était vraiment le début d’une toute nouvelle aventure !

Enjoyed this story?
Find out more here